Il est un certain nombre de présupposés qui ont la vie dure et une fâcheuse tendance à flouter les contours de la réalité !
Explications en forme de question : la dragée peut-elle être nommée comme telle si elle n’est pas faite d’amande enrobée ?
Drôle de considération en cette période de questionnements existentiels autrement plus essentiels me direz-vous!
Certes…
Mais lorsque l’on prend le temps de se pencher sur l’histoire et la symbolique de la dragée, on s’aperçoit qu’elle accompagne de manière hautement stratégique les faits culturels les plus marquants depuis l’Antiquité et qu’à ce titre elle occupe une place de tout premier ordre dans nos célébrations rituelles contemporaines, aussi rares soient-elles devenues dans nos sociétés modernes…

C’est pas parce qu’on a toujours fait comme çà qu’on ne peut pas faire différemment !

En matière de confiserie aussi le mélange des genres est une richesse

Se questionner sur ce qu’est, in fine, une dragée, revient à se poser la question suivante : est-ce l’amande qui fait la dragée ou bien est-ce son enrobage si spécifique ?
Ce qui, à bien y réfléchir, consiste, de près ou de loin, à essayer de répondre à qui de la poule ou de l’oeuf était là en premier !

Analyser le passé et l’histoire de la dragée ne nous aide pas vraiment à répondre puisque d’après ce qu’on en sait, cette dernière serait le fruit de la maladresse de Julius Dragatus, confiseur romain de la famille des Fabius (ça ne s’invente pas !) qui, à l’occasion du baptême du fils d’un patricien romain, aurait laissé tomber par inadvertance une belle amande dans une jarre de miel !
Le hasard venait encore une fois de bien faire les choses : les principes fondateurs de la dragée venaient d’être « enfantés », ne faisant pas apparaître quelconque primeur à un ingrédient plutôt qu’à un autre !

Et en même temps, qu’est-ce que ça peut bien faire de savoir si c’est le sucre ou l’amande qui fait la dragée ?!!!
Comme dans bien des cas, c’est finalement l’idée, le principe, le processus ou encore le symbole qui se cache derrière la matière qui donne tout son sens et sa définition intrinsèque à la chose !
C’est le cas de la dragée, confiserie liée à l’idée de la dualité même de la vie : l’amertume (de l’amande) renvoyant aux peines de celle-ci et la douceur (du sucre) à ses joies !

Partant de là, au même titre qu’il existe autant de variantes de recettes du pain qu’il y a d’hommes sur terre (c’est délibérément assez imagé et particulièrement exagéré pour les besoins de la démonstration !), le temps et les cultures ont, depuis l’antiquité, façonné la dragée, cette « épice de chambre » ne nécessitant finalement, pour exister, qu’amertume et douceur en simultané !

La dragée n’est donc pas « Une » mais multiple et ouvre droit à toutes les originalités et recettes !

Victoire ! Amoureux du chocolat, il existe bel et bien des dragées chocolat !

Oui, Messieurs-Dames allergiques aux amandes ou trop « cacao-centrés » pour oser envisager confiserie(s) ou entremet(s) gourmand(s) autre que chocolaté(s) : vous pouvez vous aussi revendiquer votre goût pour les dragées puisqu’il existe, c’est avéré, une (voire même plusieurs !) recette de dragées chocolat !
Plusieurs car, dans un cas le chocolat peut remplacer le sucre en matière d’enrobage, dans un autre, c’est l’amande qu’il est susceptible de remplacer !

Une fois n’est pas coutume, pour faire simple, rapide et le plus exhaustif possible, voici de façon très pragmatique ce que nous pouvons dire des possibilités offertes par « la » recette de la dragée : « la dragée est une confiserie faite d’une amande (appelée « noyau ») enrobée de sucre durci, lissé, blanc ou coloré ; l’amande peut être remplacée par une noisette, une pistache, de la nougatine, de la pâte d’amande, du chocolat ou de la liqueur. »

A ce jeu de la mixité, les dragistes français sont rois !

Pour illustrer cette affirmation et pour finir cet exposé sur les vertus de la dragée, je lancerai un « cocorico » au travers d’une anecdote historique une fois encore : « Colbert notait déjà en 1660, qu’il se faisait à Verdun un « grand commerce de dragées » et qu’on en offrait, en particulier, lors des baptêmes royaux. »
Au XXI° siècle, Verdun est toujours la « Ville du Dragée » (sic).
A ce titre, on en offre bien évidemment pour les baptêmes, mais, on le sait aussi : pour les premières communions et les mariages – « l’obus de Verdun » (fait de chocolat et intégrant une mèche que l’on allume), libère en explosant des dragées et autres accessoires de fête en étant une version privilégiée !